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DROIT DE REPONSE DE MARIE-THERESE ALLIER AU JOURNALISTE GERARD MAYEN

J’ai sollicité un droit de réponse à l’article publié en ligne par Mouvement le 12 avril dernier, que je considère diffamant, et ce afin que les artistes qui me connaissent bien puissent prendre connaissance de la réalité de cette histoire. Je n’ai jamais eu de contact avec Monsieur Mayen, auteur de l’article, jusqu’à une conversation téléphonique pendant laquelle il m’a posé des questions, auxquelles j’ai répondu en toute honnêteté. Je remarque qu’aucun des ajustements fournis à cette occasion n’ont été pris en compte.

Barbara Manzetti, accueillie entre les murs de la ménagerie de verre depuis janvier 2017, n’a pas pu acquérir le même statut que nos deux artistes associés cette année. En effet, le dossier que nous avions monté ensemble pour obtenir des fonds de la Région Île-de-France dans le cadre d’une résidence d’auteur s’est vu recevoir une réponse négative. Cependant, Barbara a tout de même décidé de s’installer au rez-de-chaussée de la ménagerie, pour travailler à son projet et l’avancer, sans recevoir cependant d’aide financière. Elle a demandé la même visibilité que les autres résidents, ce que nous avons accepté, tout en sachant qu’il nous était impossible de rémunérer son travail sans aide extérieure. Barbara a toujours été accueillie chaleureusement dans le lieu, tant sa démarche était réconfortante. Enthousiaste à propos des ateliers d’écriture et des cours d’alphabétisation qu’elle mettait en place auprès d’adolescents fraîchement arrivés sur le territoire français. Dans un premier temps, ces ateliers se déroulaient chez elle, jusqu’à ce qu’elle invite finalement les participants à la ménagerie, quotidiennement, sans nous prévenir. Ces présences étaient accueillies dans le respect le plus total.

Le 29 mars dernier se tenait le comité de suivi, importante réunion organisée annuellement dans les murs de la ménagerie, pour laquelle je reçois les acteurs des différentes institutions partenaires du lieu (la Direction régionale des affaires culturelles, la Direction artistique et culturelle de la Ville de Paris, et la Région Île-de-France). Comme chaque année, je demande en amont aux bouillonnantes équipes présentes à la ménagerie de libérer l’espace public le temps d’un après-midi, afin que la réunion puisse se dérouler dans un contexte de concentration et de disponibilité. Habituellement bien reçue par les artistes, plus que compréhensifs, cette demande s’est transformée en une « ignominie ». Barbara, qui dans un premier temps voulait même être présente dans la réunion afin de défendre coûte que coûte son projet, a fini par partir, encore une fois sans nous prévenir, pour ne plus jamais revenir dans le lieu qui l’avait pourtant gracieusement accompagné jusqu’alors.

Me permettant de rétablir la vérité des faits évoqués par l’article, je déplore les accusations dont la ménagerie et moi même faisons l’objet. Les mots cités dans l’article n’ayant jamais été prononcés, je n’ai pas à me justifier d’une quelconque mauvaise conduite vis-à-vis de Barbara Manzetti et de ses invités. Je n’ai jamais fait preuve d’une quelconque animosité à l’égard du projet et je suis attristée que la situation soit dépossédée de son sens. Ces commentaires sont d’autant plus malveillants que la ménagerie a intégré, à plusieurs reprises, dans son histoire les présences de personnes en situation délicate sur le territoire français, à l’image d’un jeune comorien que nous avions hébergé à la ménagerie pendant plusieurs années, le temps qu’il puisse s’intégrer pleinement et admirablement, ou encore de Clarence, réfugié politique sri-lankais, qui a représenté pendant trois ans la sauvegarde de la ménagerie et dont nous avions célébré le mariage avec tous les artistes présents dans le lieu à cette époque.

Je ne compte pas m’étendre sur le sujet tant le travail effectué à la ménagerie de verre parle, de toute manière, à ma place. Depuis sa création, le lieu n’a cessé de prouver sa pertinence et son utilité, dans une impertinence et une irrévérence certaine ; et il est surprenant, 34 ans plus tard, de constater que des commentaires médisant surgissent toujours, souvent au mauvais endroit. Je souhaite à Barbara Manzetti de trouver un autre lieu, aussi ouvert, tolérant et disponible que la ménagerie de verre.

 


 

Texte de Gérard Mayen, suite à son article intitulé
« Des migrants peu désirés », publié sur Mouvement.net

ON SE CALME ! Les avis qui commencent à circuler sur Facebook à propos de mon article « Des migrants peu désirés » paru sur Mouvement.net, me plongent dans l’embarras.
Par exemple, je n’y ai pas usé du mot de « racisme ». C’est un mot-valise, beaucoup trop simple et commode, pour s’éviter de sonder la construction racialisée des postures post-coloniales. Laquelle est plus épaisse, complexe et tortueuse qu’un jet d’accusations infamantes, tels confetti de la pensée.
Deuxième point : je n’ignore pas que touchant à la Ménagerie de Verre, les questions soulevées viennent toucher à un lieu sacré de la danse contemporaine. Du reste, je me réjouirai que le débat s’amplifie. Mais il ne le fera pas en s’acharnant sur ce seul lieu, comme à la curée.
C’est tout un milieu qui est en cause. J’en fais partie. Je ne suis pas sûr d’être clean à tous égards dans mes propres formes d’engagement. Côté migrants, personnellement, je n’ai jamais mis mon confort de vie plus en danger qu’en participant à des manifestations…
Réfléchissons large. Réfléchissons au fond. Evitons le sacrifice d’une seule élue.

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