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CAMILLE DE TOLEDO, RÉSIDENCE D\'AUTEUR
Du 01 Février 2011 au 31 Décembre 2011

Résidence de l’écrivain C. Toledo à la Ménagerie de Verre Hantologie-S 1976-2011 avec le soutien de la Région Ile de France
Matériaux humains. Fictionnels. Bouts, fragments, debris de sons, images. Strates et ecompositions. Sédiments. Excavations. Entre et antre des langues. Reproductions. Restes. Dépôts. Extorsion de fonds, de vies, de mémoires. Ce sont quelques-uns des mots-clefs du travail litérraire et poétique de l’écrivain et essayiste juif espagnol Camille de Toledo dit “Chto” qui explore sous toutes les formes – roman, essai, photographie et vidéo – les dégradations du format de type-homme, dans un règne de télé-présences et d’incarnations a- ou dé-synchronisées.
Pendant les 10 mois de sa résidence à la Ménagerie de Verre, de février à décembre 2011, Toledo travaillera à la série Hantologie-S. Une caméra de surveillance installée dans la Ménagerie de Verre reproduira les mécanismes contemporains du contrôle. Ce sera le premier axe de sa résidence d’écrivain – on parlera d’assignation à résidence ou de résidence surveillée – réflexion sur les conditions de la production artistique dans un temps de rentabilité culturelle, mais aussi, pré-texte à une expérimentation in vivo des conditions de télexistence au 21e siècle. La vidéo-surveillance pourra être suivie par n’importe qui, 24h24, 7j/7. La présence et/ou l’absence de l’auteur pourront donc être contrôlées à distance. La galerie Here is Eslwhere à Los Angeles, le centre d’art Oho en Autriche, la revue littéraire remue.net suivront et retransmettront l’expérience.
La série Hantologie-S organise également la projection et la diffusion in absensia de fragments sonores et visuels dans la Ménagerie de Verre. Numérotés, ces fragments seront préalablement débités en séquences brutes de 6 mn et diffusés dans le champ visuel tenu sous surveillance. Empruntés à des fonds d’archives d’autres poètes, cinéastes, écrivains, extraits des archives personnelles et fictionnelles de l’auteur, ou pris illégalement sur des banques d’images et de sons, ils formeront le matériau d’une industrie intime et dessineront, au fil des mois, la “carte mémoire” de l’auteur et du lieu.
Fragments diffusés en février 2011
Hantologie 65 : Fragments d’entretien avec l’écrivain Gilles Rozier. Gilles Rozier parle de sa famille qui logea, pendant la Seconde Guerre Mondiale, dans ce qui était alors l’atelier textile de la rue Léchevin, au 1er étage de la Ménagerie de Verre. Souvenirs de sa mère, de son oncle... Hantologie 74 : Fragments d’entretiens avec Tennessee Williams. Tennessee Williams parle du poète Hart Crane, de son rapport avec sa mère, de son homosexualité... Hantologie 82 : Fragments d’entretiens réalisés par Sabine Macher, poète, avec Marie-Thérèse Allié, directrice de la Ménagerie de Verre. Discussions et instants saisis par Sabine Macher. Hantologie 58 : Captations et images d’un film de Jean Cocteau, Le Sang du poète. Hantologie 93 : Voix de William Faulkner enregistrée lors de la remise de son Prix Nobel de littérature en 1949 où il prononce cette phrase : I decline to accept the end of man. Je refuse d’accepter la fin de l’homme. Hantologie 104 : Archives sur la schizophrénie. Hantologie 21 : Rares archives de Constantin Stanislavki dirigeant Tartuffe. Constantin Stanislavski qui exerça une profonde influence sur l’Actor’s studio, le jeu des comédiens américains et plus généralement sur ce que l’on pourrait nommer, après lui, la fabrique humaine des personnages. Hantologie 16 : Extrait du film Bullitt, réalisé par Peter Yates, en 1968, avec Steve Mc Queen.
Sur l’auteur en résidence
Camille de Toledo : Né en 1976. Il est l’auteur de trois essais et deux romans : L’inversion de Hieronymus Bosch et Vies et mort d’un terroriste américain aux éditions Verticales. Son prochain livre - Vies pøtentielles - paraîtra au Seuil dans la collection de Maurice Olender, La librairie du 21e siècle, en mars 2011. Il travaille actuellement au livret d’un opéra en 5 langues sur les attentats du 11 septembre : La Chute de Fukuyama – Fukyama’s Fall. Sous d’autres noms, Oscar Philipsen, Alexis Mital, il est également musicien et vidéaste.
PHILIPPE QUESNE
Du 20 Janvier 2010 au 11 Décembre 2013
http://www.vivariumstudio.net

Après des études d'arts plastiques à l'École Estienne et aux Arts Décoratifs de Paris, il réalise à partir de 1992, de nombreuses scénographies pour des spectacles de théâtre, des opéras, ou des expositions d'art contemporain.
Parallèlement, il intervient dans différents domaines : projections d'images pour des spectacles ou des concerts, créations de bande-sons, graphisme, réalisation de films vidéo, etc.
En 2003, il fonde la compagnie Vivarium Studio pour concevoir et mettre en scène son premier spectacle La démangeaison des ailes, qui s'est joué en France et à l'étranger.
Depuis, il travaille à l'élaboration de nouveaux spectacles et performances, notamment les différentes versions Des Expériences, un projet mis à l'épreuve de différents lieux, entre 2004 et 2005 (galerie d'art, forêt, étang, terrain vague, etc.).
PHILIPPE QUESNE
Du 20 Janvier 2001 au 11 Décembre 2011
FIN NOVEMBRE
http://www.finnovembre.org

Fondée en 1996 par Julie Nioche et Rachid Ouramdane, l’association Fin novembre est un lieu de recherche et de production pour des projets artistiques qui placent le corps au centre de leurs enjeux respectifs. L’association est pensée comme le lieu de rassemblements d’artistes et fonctionne comme une confrontation de modes de pensée différents qui interagissent de façon exponentielle. Les dispositifs qu’elle met en place sont élaborés comme des espaces de réflexion et de collaborations artistiques autour d’une interrogation commune le temps d’un projet.
Depuis 2005, elle est en résidence à la Ménagerie de verre à Paris. Pensée comme un point de rencontre, cette présence à la Ménagerie de verre devient le lieu d’invention pour des dispositifs aux imaginaires et savoirs multiples.
Dans ce cadre, “les précipités” proposent des temps de recherche et d’invitation croisant des champs et des sensibilités différentes.
CHRISTOPHE HUYSMAN
QQTF
La résidence à la Ménagerie de Verre va permettre à Christophe Huysman et à la Compagnie Les Hommes penchés de commencer un nouveau cycle de travail qu’il nomme les « QQTF » (Qu’est-ce que tu fais ?).?Les QQTF sont un geste fédérateur, un lieu de pensée nécessaire, vital, explorable, vivant. En activité. Qu'ils soient des artistes (auteurs, interprètes..), des inventeurs, des techniciens, des gens de cirques, des penseurs du corps, des réflecteurs d’art populaire et réfractaire, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs...., Christophe Huysman et son laboratoire mobile tenteront à chacune de ces rencontres d'inventer, de réfléchir une forme, un langage, une courte mise en abîme, une oeuvre singulière s'insérant dans un grand puzzle mobile, et ce durant les trois années de leur résidence à la MÉNAGERIE DE VERRE.
Corps (affolement, coma, congestion, fossile)
Christophe Huysman : Je regarde beaucoup les corps des gens, je ne sais pas pourquoi, ni pourquoi quelquefois j’entends des bribes de conversation comme si j’avais une ouïe soudainement très développée, des compréhensions qui m’ont beaucoup troublé dans mon enfance et puis plus tard j’ai appris à les accepter, à m’en servir. J’ai beaucoup travaillé sur le corps fossilisé (le corps télévisé c’est le corps fossilisé, le corps déjà mort pour moi, c’est le lieu de la morbidité absolue, la fin de tout, car on te laisse seul avec un entonnoir à conneries et catastrophes, la vie absorbée, la tienne, tu es abandonné et ton corps devient fictif, on peut en rire aussi !). J’ai travaillé là-dessus malgré moi je dirais, je n’ai pas choisi où mon corps naissait, ni à quelle époque, ni dans quelle solitude, et quel mouvement il me faudrait déployer pour survivre dans ce monde. J’ai appris et je continue à "faire avec". Et du corps fossilisé de Cet homme.., des corps bouleversés des Hommes dégringolés, jusqu’aux corps affolés des Repas et de Espèces, c’est un curieux périple pour moi, parce que pour exprimer tout ça, je ne savais pas comment faire à priori. Du coup demain je ne sais rien, dans ce monde il y a beaucoup de jours où je ne veux plus savoir, ça ne m’intéresse plus, mon émotion est morte. Les gens qui s’entre-tuent, qui se sautent dessus, il arrive un moment où je ne peux plus rien, l’impuissance est violente. L’image d’un enfant mort, je refuse de la voir. Et j’ai ce droit. Et un devoir très personnel de le nommer, ça, ne rien pouvoir. ça participe de la congestion des corps. Je regarde une pièce aveugle dans mon cerveau.
Extrait de l’Abécédaire des Hommes penchés, propos recueillis par Julie Sermon.
JÉRÔME MAUCHE
Résidence d’auteur : écriture, lecture, improvisation.
Il s’agira d’occuper l’espace, la parole et le mouvement le temps d’un atelier ensemble.
Le médium privilégié sera une série de verbes d’action répétitifs et disponibles qui donnera lieu à la mise en place progressive d’une médiathèque portative, partageable et extensible.
Un atelier d’occupation de soi comme des autres (ouvert à tous). Un projet de littérature-fiction de Jérôme Mauche avec le soutien de la Région Ile-de-France.
Tous les mardis de 15 h à 19 h
THOMAS FERRAND/PROJET LIBÉRAL

Résidents pendant un an à la ménagerie de verre, Thomas Ferrand et sa compagnie Projet Libéral travailleront sur une dizaine de projets de tout type entre la danse, le théâtre, le cirque, les arts plastiques et le journalisme. Pour le festival Les Inaccoutumés ils présenteront une nouvelle pièce EXTASE DE SAINTE MACHINE, pièce chorégraphique où l’inconscient est sensé faire évènement. La compagnie sera également sur la préparation de projets qui verront le jour en dehors de la Ménagerie. Tel que JE FAIS TOUJOURS CONFIANCE À L’INQUIÉTUDE ET À L’INSTABILITÉ PARCE QU’ELLES SONT UN SIGNE DE VIE pour le festival Danse D’Ailleurs au Centre Chorégraphique National de Basse-Normandie ou encore UNE CARTE N’EST PAS UN TERRITOIRE pour le Centre Pompidou Metz. Mais aussi un projet sur les graines germées en Thaïlande et un projet sur la Corée du Nord. Durant son année de résidence, la compagnie Projet Libéral organisera de micros-évènements et soirées où l’on pourra voir des formes courtes et des performances ainsi que des rencontres.
Thomas Ferrand est né en 1982. Il est artiste associé au CCN de Tours. En 2005, iI fonde la compagnie Projet Libéral, conventionnée en Basse-Normandie et avec laquelle il crée plusieurs laboratoires et spectacles, dont ZARATHOUSTRALALA. En 2008, il présente IDIOT CHERCHE VILLAGE au CDN de Normandie à partir d’entretiens qu’il réalise avec le philosophe Bernard Stiegler, et UN HAMLET DE MOINS au CDN de Gennevilliers dans le cadre des TJCC. En 2009, il créé Et les vivants ne mourront pas au festival ActOral à Montévidéo et au Théâtre de la Cité International ainsi que FRANCE, créé au Lieu Unique. Avec Bernardo Montet, il créé Switch me off présenté au Théâtre National de Chaillot en octobre 2009 et repris aux Hivernales d’Avignon.
Thomas Ferrand est également critique et journaliste pour différentes revues tels que Mouvement, Stradda et Obsena et a fondé la revue mrmr avec laquelle il a réalisé un certains nombres d’entretiens avec des metteurs en scène, chorégraphes, philosophes ou plasticiens tels que Thomas Hirshhorn ou Jean-François Peyret.
SABINE MACHER

Dans le cadre du dispositif régional livre et lecture associant un écrivain à un lieu, mis en place par le conseil régional d'Ile de France, la Ménagerie de Verre s'associe à Sabine Macher pour une résidence d'écrivain de huit mois prévue de septembre/ octobre 2009 en avril/mai 2010.
Cette résidence prévoit tout au long de sa durée des rencontres pour tendre le fil entre danse et écriture, mouvement et lecture, silence et nourriture etc.
ainsi, il y a dès à présent et à venir :
- des rencontres individuelles avec Sabine Macher à la sortie des cours techniques le matin, à convenir au fur et à mesure,
- des rdv salon pour se retrouver à plusieurs avec un livre à lire et faire lire, à laisser sur les étagères de la bibliothèque de la ménagerie de verre afin que celle-ci réalise son destin. Le premier de ces rendez-vous aura lieu le lundi 5 octobre à 14h30,
- des soirées carte blanche à quatre écrivains invités - Judith Elbaz, Jérôme Mauche, Pascale Petit et Emmanuelle Pireyre, prévues à partir de février 2010.
"La Ménagerie de Verre est un lieu que j’ai connu et fréquenté dès son ouverture, au début des années 80, en arrivant à Paris, après un an aux Etats Unis où j’avais poursuivi ma formation en danse contemporaine.
Sa beauté était saisissante : la lumière dans les studios sous verrière, les couleurs : gris, vert, blanc et le bleu qu’on perçoit à travers les verrières, (soit parce que le ciel transparaît, soit parce qu’en été on peignait les vitres avec du bleu pour diminuer l’effet de serre), l’odeur et la présence du bois des planchers des studios, la cafétéria un peu déserte, l’écho des voix, les corps des danseurs qui sont pour la plupart des danseuses, allongés sur toute la dalle de l’étage après les cours du matin, avant aussi. Un monde horizontal, assez silencieux, très sérieux et étrangement vêtu, dévêtu avec des matières moulantes entourées de haillons.
Plus tard j’ai découvert le ‘off’, un espace plat et noir, l’ancien garage de cette ancienne imprimerie, avec un sol dur qui longtemps décourageait les danseurs par son absence de rebond, jusqu’à ce que progressivement la danse se situe dans des espaces de pensée, de langage, de matière où le mouvement n’était plus une priorité, et la souplesse du sol négligeable.
Tout cela était mené par une femme, Marie Thérèse Allier, qui agissait seule. Bien qu’entourée de petites équipes administratives dont la composition changeait souvent, elle restait et reste la seule présence dirigeante de ce lieu qui a souvent mué, selon sa volonté, qui a été le théâtre de bien des courants de danse contemporaine et de leur cortège d’enseignants, lieu d’audition de masse au milieu des années 80, lieu de découverte de travaux en chemin, appelés « chantiers », lieu d’émergence de nouveaux courants de la scène à partir de la création du festival des Inaccoutumés et de l’Etrange Cargo à la fin des années 90 et jusqu’à aujourd’hui. Sans oublier les programmations en cinéma expérimental, les expositions d’art plastique et de sculpture, les résidences d’artistes, les cycles de lectures, performances et expériences culinaires.
Un lieu que je fréquentais donc en tant que danseuse pour prendre des cours, pour y répéter, pour y contribuer en tant qu’interprète aux travaux des autres, (notamment avec Georges Appaix, et c’est là que notre rencontre avec Marie-Thérèse Allier a débuté,) pour y montrer mes propres travaux, dans le cycle des chantiers (avec Martine Pisani), ou dans le festival des Inaccoutumés, ou pour partager des performances de lecture avec Jérôme Mauche, mais aussi Pascal Rambert et Marie-Thérèse Allier et, last not least, pour apporter pendant un an des plaques de brownies, ces gâteaux au chocolat hypercaloriques complémentaire du régime frugal des danseuses.
Et l’écriture dans tout ça ?
J’ai commencé à publier au début des années 90 et j’ai tout de suite remarqué que les danseurs (qui sont pour la plupart des danseuses), lisent volontiers, et de surcroît de la poésie, la danse contemporaine étant au spectacle vivant ce que la poésie contemporaine est à la littérature, pour parler un peu vite.
Je croyais que ces deux mondes étaient quasi étanches et que l’écriture, l’édition, avec sa sur-présence masculine ne communiquait pas avec l’autre de mes planètes en surnombre féminin.
Or, si les écrivains ne connaissent pas forcément la danse ou le spectacle vivant, les acteurs de la danse et du spectacle vivant, à leur tour, passent beaucoup de temps dans les livres.
A l’évidence, la danse sous-tendait et soutenait mon travail d’écriture, non seulement en étant devenu mon métier principal et source de revenu, en m’imposant des espaces-temps propices à mon mode d’écriture par le rythme des tournées, le désoeuvrement que m’offraient les chambres d’hôtels et villes de province, mais aussi par la reconnaissance et l’intérêt que ce travail suscitait à travers la lecture de mes livres parmi ses protagonistes.
Or la danse, le mouvement n’ont jamais été le sujet d’un de mes projets d’écriture, et on m’a souvent demandé pourquoi.
J’ai longtemps considéré que la présence mutique de la danse était certes seulement lisible en creux, mais suffisamment grande pour qu’elle agisse dans mes textes. Mais ce n’est pas une réponse à la question.
J’aimerais avec un projet d’écriture à la Ménagerie de Verre tacher d’y répondre. Ce projet comprend trois axes :
1) Devenir l’écrivain public des usagers de la Ménagerie de Verre.
J’aimerais recueillir les témoignages du public le plus nombreux, mais aussi le moins parlant, le moins audible parmi ceux qui fréquentent ce lieu, ses ‘masses laborieuses’ : les danseurs qui viennent prendre un cours professionnel le matin. Recueillir à la sortie du cours leur paroles quant au travail de mouvement, de danse qu’ils viennent de faire, sachant que les danseurs prévoient un temps de ‘déchauffe’ (warm-down), d’étirement après un cours professionnel.
J’aimerais à ce moment les faire parler au sujet de ce qu’ils viennent de vivre et en devenir le scribe, avec un bureau volant symbolisé par une structure légère que je ferai construire, à l’image d’une enseigne, grâce à laquelle je serai à la fois repérable dans mon projet comme écrivain public à la Ménagerie de Verre et avec laquelle je pourrais me déplacer dans le bâtiment, tout en signalant le lieu de transcription, d’écriture dans le processus que je propose.
Je voudrais en parallèle faire des enregistrements sonores de ces témoignages.
L’écriture intervient ici pour conserver, fixer, archiver un matériau oral avec lequel je propose de construire un récit et de chercher une forme de restitution, soit par une pièce sonore, soit avec un support imprimé, soit, le cas échéant avec l’un et l’autre.
Je voudrais ensuite proposer à plusieurs moments (3 ou 4) au fil de la résidence un rendez-vous de lecture, de création d’une bibliothèque éphémère, avec des livres que j’apporterais (dont les miens), que chaque invité apporterait, mettrait à la disposition des participants du rendez-vous. Outre le public rencontré à travers ma présence régulière et visible j’aimerais convier des écrivains qui ont un rapport avec la danse et/ou le lieu :
Judith Elbaz, une actrice majeure de la planète du tango argentin (publiée chez P.O.L.)
Emmanuelle Pireyre, proche par son lieu de vie et ses interventions du Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape de (publiée au Seuil)
Jérôme Mauche, pour affirmer le lien et la transition avec la résidence précédente (publié au Bleu du Ciel, Seuil, et autres)
Pascale Petit pour son goût de l’architecture, de transposition de structures abstraites vers une fausse narration (publié au Seuil et au Bleu du Ciel )
Ces rendez-vous que j’imagine à l’instar des « chantiers » de la Ménagerie de Verre, sont aussi l’occasion de lire et faire entendre le travail en cours qui comprendra les paroles des danseurs recueillis et des extraits de mon projet personnel d’écriture autour du même sujet.
2) J’aimerais par ailleurs faire des entretiens avec la directrice de la Ménagerie de Verre, Marie-Thérèse Allier, qui a été danseuse professionnelle dans un tout autre contexte que celui de la danse contemporaine qu’elle accueille, soutient, montre dans son lieu.
Au fil du temps, Marie-Thérèse Allier m’a parfois confié des fragments de cette époque de sa vie, et là encore, persuadée qu’il s’agit d’une mémoire précieuse et précise, j’aimerais agir comme l’écrivain public qui permet le passage de l’oralité à l’écrit.
3) Enfin, j’aimerais venir pour écrire dans le plus petit studio de la Ménagerie de Verre ; le « Duncan » (qui fait un peu moins que la surface de mon appartement) et qui jouxte le grand studio « Wigman » (où ont lieu les cours accueillant le plus de participants) écrire ‘ma partie’ du projet en entendant danser mes voisins pendant l’heure du cours, tacher d’écrire quelque chose qui serait latéralement en rapport avec le mouvement, la danse et mon écriture, un texte en mouvement, dans le meilleur des cas.
J’imagine donc venir écrire le matin, deux fois par semaine, d’abord pour mon projet personnel, pendant l’heure du cours, puis rencontrer les danseurs à la sortie pour faire un entretien avec une ou deux personnes, puis dans un autre temps (au rythme d’une séance par mois) rencontrer Marie-Thérèse Allier pour être le ghost writer du livre qu’elle n’aurait jamais osé écrire.
J’espère qu’une deuxième résidence d’écrivain à la Ménagerie de Verre, où Jérôme Mauche a mené un travail malicieux et pertinent, donnera lieu à l’autres croisements, s’adressera à un autre public encore, et continuera à creuser la correspondance entre le mouvement et les lettres."
Sabine Macher
LE PAVILLON / LABORATOIRES DE CRÉATION DU PALAIS DE TOKYO

Direction : Philippe Quesne
Le Pavillon 2011-2012 : Laëtitia Badaut Haussmann (France), Oliver Beer (Royaume-Uni), Fouad Bouchoucha (France), Egle Budvytyte (Lituanie), One Joon Che (Corée du Sud), Anthea Hamilton (Royaume-Uni), Egija Inzule (Lettonie), Hélène Meisel (France), Noé Soulier (France), Oriol Vilanova (Espagne. Avec la participation d’Isabelle Angotti
Composition collective, la pièce est issue d’un jeu d’associations, de greffes et de parasitages dont chacun peut être l’auteur ou l’acteur. L’espace de la performance sera ouvert, propice à des interventions de proximité testant différents modes de démonstration : démonstrations techniques, physiques ou critiques mettront à l’épreuve leur force de conviction, leur pouvoir d’hypnose ou de distraction. La tentative de collaborer est une problématique en soi. Les conversations préparatoires – leurs mises au point, intuitions et malentendus – favorisent des échanges propres aux salons ou aux clubs, d’amateurs ou d’initiés. Le metteur en scène et scénographe Philippe Quesne est invité par le Pavillon Neuflize OBC, le laboratoire du Palais de Tokyo, à créer une forme scénique en collaboration avec dix artistes et curateurs venus du monde entier. Le Pavillon est un programme de recherches et d’expérimentations artistiques, initié en 2001 par l’artiste Ange Leccia, qui invite chaque année des résidents à constituer un groupe de travail, confronter leurs points de vue, et collaborer avec des artistes intervenants. Après ses deux mois de résidence, la promotion 2011/2012 du Pavillon présentera une création collective à la ménagerie de verre, et par la suite au Hebbel am Ufer – Berlin. Création les 20 et 21 janvier 2012 à la ménagerie de verre – Paris, puis les 26, 27 et 28 janvier 2012 au Hebbel am Ufer (HAU) – Berlin.
Production : Le Pavillon Neuflize OBC, laboratoire de création du Palais de Tokyo. La ménagerie de verre - Paris, Vivarium Studio.
Depuis 2011, le Pavillon bénéficie du mécénat principal de la Banque Neuflize OBC. Le Pavillon bénéficie du soutien permanent du Ministère de la Culture et de la Communication, de l’Institut français, des Amis du Palais de Tokyo ainsi que d’un partenariat avec l’École nationale supérieure d’arts de Cergy.
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