De mes propres mains / solo
Pascal Rambert
Du 27 Février 2007 au 24 Mars 2007
du mardi 27 février au samedi 3 mars, 20h 30
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du mardi 20 au samedi 24 mars, 20h30


Pascal Rambert met en scène en 1993 de mes propres mains, créé au Théâtre des Amandiers-Nanterre avec Charles Berling.
Cette nouvelle version, pour son actrice fétiche, la new-yorkaise Kate Moran, prendra la forme d’un solo parlé / dansé.
de mes propres mains/solo sera créé avec Kate Moran, en version française en France et en version anglaise à New-York.
Le spectacle est disponible en langue française et en langue anglaise.« J’ai écrit une première version de de mes propres mains en 1992 pour Eric Doye avant qu’il ne rentre à la Comédie Française et qu’il nous quitte quelques années plus tard.
J’ai écrit une deuxième version en 1993 pour Hugues Quester, mais c’est finalement Charles Berling qui l’a créée au théâtre des Amandiers à Nanterre. On s’était dit avec Charles que l’on reprendrait ce texte sur le suicide, tous les dix ans.
C’est le moment. Je m’étais aussi dit à l’époque que quand bien même ce texte était écrit pour un homme, sans savoir très bien pourquoi, je le voyais toujours en fait interprète par une fille ou une femme. Les tourments à l’intérieur de ce corps passaient de loin les frontières du genre sexuel. Quelque chose criait sans doute plus fort : « tu parles ici de la condition humaine, c’est tout ».
Je le reprends donc aujourd’hui avec Kate Moran, membre de la compagnie depuis sept ans, et présente dans toutes nos créations. Je reprends ce texte - sans doute modifié, re-écrit peut-être – dans une version “solo“ c’est-à-dire, à la fois parlé et dansé.
Kate Moran, entre homme et femme, d’un genre double mélangé ou le corps et la parole ne cherchent qu’à se rassembler vers quelque chose d’androgyne et d’impur, comme le théâtre et la danse vivifiant ce seul et même corps avant de disparaître. »

novembre 2005 pascal rambert


Interview

Pourquoi recréer aujourd’hui, de mes propres mains, plus de dix ans après ta première création ?
Quand j’ai créé de mes propres mains, en 1993 avec Charles Berling, j’avais déjà dans l’idée de remonter cette pièce tous les dix ans.

Pourquoi travailler cette fois avec Kate Moran, alors que le personnage est masculin dans ton texte ?
Même s’il est vrai que de mes propres mains est écrit pour un homme, j’ai toujours souhaité qu’il soit pour une femme. Tout d’abord parce que le sentiment de mélancolie ou de rapports difficiles aux relations humaines, est aussi bien partagé par les hommes que les femmes. Et puis, j’ai écrit ce texte pour qu’il soit aussi bien joué par des hommes que des femmes, des jeunes ou des vieux.

Est-ce-que le fait que tu aies choisi une femme change ta mise en scène ?
de mes propres mains, plonge les spectateurs dans quelque chose de profond, dans les abymes de la psyché humaine. Lors de la première création avec Charles Berling, le spectacle était : une voix dans le noir, uniquement basé sur la réception du texte.
Pour cette nouvelle version, c’est la même chose, avec cette fois la voix d’une femme.
Mais contrairement à la précédente création, je souhaite développer un travail important sur le mouvement et sur le corps. Je veux montrer les mouvements intérieurs de l’âme qui s’installent dans un corps dansant.
C’est donc un solo qui mélange le texte et le travail du corps.

Peux-tu parler du spectacle ?
La lumière monte petit à petit, on entend une voix féminine, mais petit à petit c’est un homme qui apparaît.
Des LED (Light Emitting Diode) éclairent par fragments le corps de la danseuse, et laissent apparaître au fur et à mesure un corps masculin et féminin.
Le trouble se crée dans le fait que c’est une femme qui joue un homme. Je veux mettre la parole d’un homme dans le corps d’une femme, et faire ressortir par ce biais la sensibilité féminine.
La forme est très plastique, comme un peep show. Les spectateurs sont au niveau de la danseuse surélevée sur une estrade. Ils ont le nez sur son corps.
Le dispositif scénique permet une grande proximité, les spectateurs voient les replis du corps et de l’âme, les vagues de la conscience qui se forment sur la peau nue de la danseuse.

Quand on lit de mes propres mains, il n’y a aucune ponctuation, ce qui permet au lecteur de faire sa propre construction et ainsi de créer sa propre compréhension du texte. Au fil de la lecture, le rythme devient de ce fait de plus en plus rapide. Comment cela se manifeste sur le plateau ?
La façon dont est écrit de mes propres mains, fait qu’on peut en effet créer sa propre compréhension, et son propre système grammatical. Le spectateur n’a pas d’orientation, il y a plusieurs sens possibles et chacun peut ainsi construire sa propre histoire. C’est d’ailleurs une des difficultés pour la traduction de ce texte qui sera aussi joué en version anglaise.
Avec Charles Berling, le rythme était rapide, tout allait très vite. Le texte sortait comme une mitraillette, comme pour ne pas avoir le temps de s’arrêter de penser, comme un excès d’appétit de la vie, une vraie fringale.

Autre chose ?
Recréer de mes propres mains est aussi une façon pour moi de mettre en tension ce spectacle avec Le Début de l’A. Il me paraît intéressant de faire cet aller-retour entre la naissance d’un amour dans Le Début de l’A. et sa fin dans de mes propres mains. Et toujours en Paris et New-York. Tout devient cohérant.
Propos recueillis en février 2006

Pascal Rambert
Né en 1962. Auteur. Metteur en scène. Vit à Paris. Ses textes sont publiés chez Actes Sud-Papiers (entre 1988 et 1991) et aux Solitaires Intempestifs (depuis 1997).
théâtre
En 1984, il commence à écrire et à mettre en scène ses propres textes. En 2001, à l’invitation d’Alain Françon, il crée Asservissement Sexuel Volontaire au Théâtre national de la Colline à Paris.
Invité à nouveau par Alain Françon en janvier 2004, Pascal Rambert crée Paradis (un temps à déplier) au Théâtre national de la Colline.
En janvier 2005, Pascal Rambert fait l’installation et la mise en scène de son texte Le Début de l’A. (2001) à la Comédie Française. Dans le même temps débute une résidence de trois ans à Bonlieu Scène nationale d’Annecy. En juillet 2005, il crée AFTER / BEFORE, au Festival d’Avignon et janvier 2006 Mon Fantôme, à Bonlieu scène nationale d’Annecy.
cinéma
En avril 2004, Pascal Rambert réalise son premier court-métrage, Quand nous étions punk. Début 2005, il tourne Car Wash. En janvier 2006, il tourne Début, son troisième film court.
Il poursuit son travail cinématographique avec la réalisation prochaine de son premier long-métrage La Baie de Tokyo à Paris, Los Angeles, Kyoto et Tokyo, à partir de son propre scénario.
opéra
En septembre 2004, Pascal Rambert fait l’installation et la mise en scène de Philomela, création mondiale de l’opéra de James Dillon à Porto. En septembre 2005, Pascal Rambert fait l’installation et la mise en scène de Pan, création mondiale de l’opéra de Marc Monnet à l’Opéra national du Rhin à Strasbourg dans le cadre du Festival MUSICA 2005.
danse
En avril 2005, au Centre de Développement Chorégraphique de Toulouse, il crée sa première pièce de danse en mettant en scène le spectacle de sortie de la promotion 2005 : TO LOSE / PERDRE.
En janvier 2007, Pascal Rambert est nommé directeur du Théâtre de Gennevillliers – Centre Dramatique National.

Kate Moran (comédienne / danseuse)
Après avoir été formée à la danse et à la comédie aux Etats-Unis, elle participe entre autres à 1839 – Michael Counts /GAle GAtes et al. NYC, 2000; Gilgamesh – Pascal Rambert / Festival d'Avignon, 2000 ; So Long Ago I can't Remember – Michael Counts /GAle GAtes et al. NYC, 2001 ; Asservissement Sexuel Volontaire – Pascal Rambert / Théâtre National de la Colline, 2002. On a aussi pu la voir dans divers films pour le cinéma et la télévision aux Etats-Unis et plus récemment en France. Elle travaille en collaboration avec Jan Fabre pour le spectacle The Angel of Death (Festival d'Avignon 2003), et avec Gale GAtes et al. : The World, an odyssey in 6 or more parts (NYC 2003) Avec Pascal Rambert et Alexandre Meyer elle interprète La Contactée dans Le Début de l'A. Parallèlement, elle participe aux Formes Sans Ornement (FSO), est interprète de Paradis (un temps à déplier), d’AFTER/BEFORE et de PAN. Elle participe également aux films courts de Pascal Rambert : Quand nous étions punk et Car wash. Elle vit et travaille principalement entre Paris et New York.

texte, conception et réalisation pascal rambert avec Kate Moran environnement SUB bass Alexandre Meyer
environnement LED Pierre Leblanc costumes Maison Martin Magiela prothèse Dominique Collandant postiche Marie-Ange financière et entreprise de tournée Claire Guièze, Juliette Roels production side one posthume theatre, Bonlieu Scène nationale – Annecy, Ménagerie de verre.
side one posthume theatre est subventionnée par la DRAC Ile-de-France. Pascal Rambert, et side one posthume theatre, est artiste associé à Bonlieu Scène nationale d’Annecy. side one posthume théâtre reçoit le soutien de La Ménagerie de Verre pour les accueils studio / Studiolabs. Ce texte est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs.
13 € plein tarif - 10€ tarif réduit - 7 € abonnés Ménagerie - Pass 3 spectacles 27 €