Passerelle - Thierry Payet |
| Du 10 Mai 2007 au 26 Mai 2007 |
| Une installation vidéo de Thierry Payet sur une proposition de Glassbox. Manipulant les repères spatio-temporels d'une route nationale à quatres voies, ce dispositif d'exposition compose un environnement sensible, un nouveau paysage urbain, qui, par une mise en danger du spectateur, le plonge dans une position active et réflexive. |
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Quatre projections vidéo synchronisées se font face deux à deux et recréent l'environnement d'une route nationale à quatre voies. Les voitures passent d'un écran à l'autre et frôlent ou écrasent hypothétiquement le spectateur. La continuité du mouvement des images (celui du flux de la circulation) contredite par la discontinuité spatiale (celle des surfaces de projection) suggèrent une passerelle, une architecture invisible qui s'ancre sur la cohabitation de l'idée de danger et d'abri. Passerelle est cette formulation plastique du rite retrouvé par l'artiste. "Une passerelle, dit-il, sur la Route Nationale 10, empruntée presque tous les jours pendant mon adolescence. Chaque fois le même rituel et sur la passerelle je regarde d'en haut si les voitures "m'écrasent" ou pas".
A la fois moyen et source de questionnement sur la vidéo et sur lui-même, les dispositifs produits par Thierry Payet véhiculent un aller-retour constant entre l'intime et le commun à travers un sujet récurrent, le paysage. L'artiste va puiser dans une ville, un territoire ou un contexte, les images qui composent un nouvel espace sensible - une mise en situation dont l'ossature est significative d'une vision singulière par la multiplication des points de vue (discontinuité, fragmentation) ou de nouvelles temporalités (simultanéité). Manipulant les repères habituels, ses installations placent le spectateur dans une position légèrement inconfortable, le perdent, le ramènent à lui-même, dans un état de sensibilité et d'attention plus intense, et le rendent apte à prendre la mesure de sensations oubliées ou nouvelles, émotions simples - peurs et aveux. Ici, si la vidéo isole un phénomène éprouvé quotidiennement par son auteur, elle échappe à sa représentation en opérant par soustraction. Nulle image de pont donc, juste celles du contexte de la mise en danger, d'un hors champ remis au choeur du dispositif. L'image n'intervient plus que dans la construction d'une stratégie esthétique qui rend les choses visibles par l'expérience directe. Traversé par le mouvement du temps et des lieux, le regardeur devient le sujet de l'exposition, en proie à l'oeuvre et à une conscience accrue de lui-même. Elfi Turpin |
| Exposition réalisée avec le concours du Ministère de la Culture et de la Communication. |
Entrée libre
Vernissage le jeudi 10 mai à 18h30
Exposition du 11 au 26, tous les jours (sauf dimanche et lundi) de 14h à 19h |
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