My soul is my Visa

MARCO BERRETTINI

Mardi 17 et mercredi 18 novembre, à 18h30
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« Le chorégraphe signe un sublime et aberrant manifeste hédoniste où les danseurs vibrent tel un seul corps extra sensible.

Soma, du grec ancien : le corps. Soma, du nom aussi de cette drogue de synthèse présentée comme un simple médicament aux citoyens du Meilleur des mondes, la dystopie d’Aldous Huxley, mais qui les plonge en fait dans un sommeil paradisiaque, du genre à désamorcer toute forme d’insubordination politique. Penser à cette substance flippante et merveilleuse peut aider à se figurer l’atmosphère qui se dégage du plateau de Marco Berrettini, une des plus complexes, baroques, qu’il nous aura été donné de voir chorégraphiée : celle d’une secte de danseurs extatiques, sorte de corps vibratiles inexorablement émus de l’aberrante communauté qu’ils forment, laquelle semble tout droit jaillie des décombres rétrofuturistes d’un film de SF des années 70 (moquette crème, combis argentées, piano noir). Dans la salle fusent des exclamations mi-rire mi-effroi à mesure que les danseurs pénètrent nos regards de leurs yeux énamourés, puisque l’hédonisme se teinte ici de monstrueux, la joie de mélancolie – ne semblent-ils pas donner toute leur énergie pour une dernière danse ? – sans que jamais la pièce ne délaisse sa valeur cardinale : celle du pur plaisir à communier comme un seul corps, de la même manière sur du funk ou sur Meredith Monk.

La comparaison avec la drogue de Huxley ne tient pas longtemps cependant. Sauf à les considérer tragiquement abrutis, et ainsi à lire cette pièce comme la satire d’une génération dépolitisée, par exemple. On préférera la voir comme une farce tantrique très politique, dans ce qu’elle dit de la liberté des corps à pouvoir s’harmoniser, de leur aptitude à se rendre extra sensible aux autres, autant qu’aux plus infimes vibrations de l’air, des plantes et des sons. »

in « Marco Berrettini, extases tantriques » – par Eve Beauvallet, Libération, 24 mai 2018


Idée et chorégraphie : Marco Berrettini
Interprètes : Nathalie Broizat, Sébastien Chatellier, Ruth Childs, Anne Delahaye, en alternance avec Caroline Breton, Samuel Pajand
Scénographie et lumières : Bruno Faucher
Costumes : Olivier Mulin
Œuf : Claire Mayet
Régie générale : Bruno Faucher
Musique – piano live : Tom Johnson, Nils Frahm, Meredith Monk, Olafur Arnalds, Bill Fay, Nina Simone, Erik Satie, Beth Gibbons, Curtis Mayfield

Production : * Melk Prod. / Transplantation.
Coproduction : Charleroi Danse – Centre chorégraphique de Wallonie-Bruxelles ; Arsenic, centre d’art scénique contemporain ; ICI-CCN de Montpellier ; Pôle Sud – CDCN de Strasbourg.
Soutiens : Ville de Genève, Loterie Romande, Pro Helvetia,  Stanley Thomas Johnson Foundation, Fondation Ernst Goehner, Charleroi Danse – Centre Chorégraphique de Wallonie-Bruxelles, Fondation Suisse des Artistes Interprètes, Corodis, Direction Régionale  des Affaires Culturelles  d’Ile-de-France – Ministère de la Culture et de la Communication.
Accueils : Résidences de création Mottatom à Genève, ICI-CCN de Montpellier, Pôle Sud – CDCN de Strasbourg.

Durée : 70 minutes

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© Elisa Murcia Artengo

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